J’arrive souvent après quelqu’un d’autre. Un artisan m’appelle parce que son site “ne ramène rien”. Il a payé — parfois très cher, parfois pas si cher mais pendant des années — une mauvaise agence web qui lui a livré quelque chose de propre en apparence, et creux dans les faits. La première chose que je fais, c’est ouvrir le site. Et depuis que j’ai commencé ce métier, je retrouve à peu près les mêmes choses à chaque fois. Voici la liste.

1. Un design sorti d’un catalogue — beau sur PowerPoint, invisible sur Google

Le site est propre. Parfois même joli. Bandeau photo en pleine largeur, icônes bien alignées, couleurs harmonieuses. On reconnaît le gabarit au premier coup d’œil : c’est exactement le même que celui du plombier à Quimper, du peintre à Rennes, et de la coiffeuse à Lyon que la même agence a créés le même trimestre.

C’est ce que j’appelle un site internet générique pour artisan : un template habillé aux couleurs de l’entreprise, sans aucune réflexion sur ce qui différencie ce plaquiste-là de ses concurrents. Résultat : le visiteur qui arrive sur le site ne comprend pas en trois secondes pourquoi il devrait appeler ce professionnel plutôt qu’un autre. Et il repart.

Le design n’est pas le problème en soi. Un design sobre peut très bien convertir. Le problème, c’est qu’un design copié-collé ne peut pas refléter une identité réelle. Et sans identité, pas de mémorisation, pas de confiance, pas d’appel.

2. Des textes qui auraient pu être écrits pour n’importe qui

C’est souvent là que je soupire le plus. La page d’accueil dit : “Artisan passionné, je mets mon savoir-faire à votre service pour tous vos travaux.” La page “Qui sommes-nous” dit : “Fort de nombreuses années d’expérience, notre équipe s’engage à vous offrir des prestations de qualité.”

Ces phrases ne disent rien. Elles pourraient s’appliquer à n’importe quelle entreprise en France. Le client n’apprend pas dans quelle ville intervient l’artisan, sur quels types de chantiers il excelle, quel est son délai d’intervention, si on peut le joindre directement ou si on passe par un standard.

Sur un site artisan, les textes hors-sol ont deux effets catastrophiques. D’abord, le visiteur ne se reconnaît pas dans ce qu’il lit — il ne sent pas qu’on s’adresse à lui. Ensuite, Google ne trouve aucun signal géographique ni sectoriel fort : le mot “Brest” apparaît deux fois, dans le footer. Ce n’est pas suffisant pour positionner quoi que ce soit.

Les bons textes d’un site artisan répondent à trois questions simples : qui êtes-vous, où intervenez-vous, pourquoi vous plutôt qu’un autre ? Si la réponse à l’une de ces questions est vague, le site sous-performe.

3. Zéro position sur les requêtes locales qui comptent vraiment

Je tape “électricien Landerneau” ou “plombier Brest urgence” dans Google. Le site n’apparaît nulle part dans les dix premières pages. L’artisan est pourtant installé depuis quinze ans dans la ville.

Le référencement local, ça ne s’improvise pas, mais ça ne se fignole pas non plus en cochant trois cases dans un formulaire. Ce que je trouve sur ces sites : des balises title génériques (“Accueil — Nom de l’entreprise”), des meta descriptions absentes ou dupliquées, aucune page dédiée par type de prestation, et une fiche Google Business Profile soit inexistante, soit jamais réclamée.

Je vais être honnête avec vous : personne ne peut vous garantir le TOP 1 sur Google, et quiconque vous le promet vous ment. Mais un site correctement optimisé pour la recherche locale — avec les bons mots-clés géographiques, une structure claire, des pages de service dédiées — a tout à fait les moyens d’apparaître sur des requêtes qualifiées dans un bassin de vie comme le Finistère. Le problème des sites fabriqués à la chaîne par des agences nationales, c’est que le référencement local n’est jamais leur priorité. C’est un bonus vendu dans le forfait, pas un travail de fond.

4. Un CMS maison que personne ne sait utiliser

L’artisan ouvre un onglet, me montre l’interface d’administration de son site. C’est une plateforme propriétaire que l’agence a développée — ou sous-licenciée à un éditeur tiers. L’artisan peut théoriquement modifier ses textes, mais il n’a jamais reçu de formation. Les menus ne sont pas intuitifs. Et la hotline de l’agence ? Payante, ou longue à répondre.

Ce n’est pas anodin. Un CMS maison, c’est une dépendance totale vis-à-vis de l’agence. Si vous voulez quitter, vous ne pouvez pas “emporter” votre site. Le code source appartient à l’agence. Votre contenu, vos textes, vos images : vous pouvez les récupérer manuellement. Mais le site en lui-même, le travail de mise en page, la structure — vous repartez de zéro.

Les sites que je crée tournent sur des CMS ouverts et documentés. L’artisan n’en a généralement pas besoin — je gère les mises à jour — mais si demain il décide de travailler avec quelqu’un d’autre, il peut. Cette liberté, ça n’a pas de prix.

5. Un contrat de maintenance qui ne maintient rien

Le client paie 50 à 120 euros par mois depuis deux ou trois ans. Il m’explique que ça couvre “la maintenance et le référencement”. Je lui demande ce que ça inclut concrètement. Il ne sait pas. Il n’a jamais reçu de rapport mensuel, jamais eu de retour sur le trafic du site, jamais vu une preuve que quelque chose avait été fait.

C’est l’un des problèmes les plus répandus avec les mauvaises agences web : un contrat de maintenance vendu comme une sécurité, mais vide de contenu réel. Les mises à jour de sécurité sont faites en automatique — ça coûte quelques centimes de serveur. Le “référencement” se limite à la présence d’un sitemap et d’une meta description. Et les 80 euros mensuels continuent de tomber, mois après mois, sans que personne ne regarde les statistiques.

Avant de signer quoi que ce soit, demandez ce que le contrat inclut précisément : quelles actions, quelle fréquence, quels livrables, quels indicateurs de suivi.

6. Un interlocuteur qui a disparu

L’artisan a un numéro de téléphone quelque part dans ses mails. Il a essayé de rappeler plusieurs fois au cours des six derniers mois. Messagerie vocale. Parfois un mail sans réponse. Il a fini par abandonner.

Ce n’est pas forcément une arnaque agence web au sens juridique du terme — c’est le modèle même des grandes structures commerciales qui vendent des centaines de sites par an. Une fois le contrat signé et le site en ligne, vous n’êtes plus un client, vous êtes un numéro de compte. Le commercial qui vous a démarché a été remplacé. Le chef de projet qui a suivi votre dossier est parti. Et le service après-vente, si tant est qu’il existe, ne connaît pas votre site.

Ce que j’entends souvent, c’est : “Je n’ose plus les appeler parce que j’ai l’impression de les déranger.” Un artisan qui paye des dizaines ou des centaines d’euros par mois ne devrait jamais avoir cette impression. Quand je travaille avec quelqu’un, mon numéro de téléphone ne change pas. Trois ans après la mise en ligne, vous pouvez m’appeler.

Artisan debout devant son ordinateur, regard dubitatif face à un site web générique — lumière naturelle, atelier breton

7. Des photos de banque d’images — ou les photos du concurrent

La cerise sur le gâteau. Le site présente une belle photo d’un chantier propre, bien éclairé, avec un artisan souriant en salopette neuve. Ce n’est pas l’artisan en question. Ce ne sont pas ses chantiers. C’est une photo achetée sur Shutterstock ou iStock, utilisée par d’autres sites du même secteur dans toute la France.

Parfois c’est encore plus gênant : les photos sont réelles, mais floues, mal cadrées, prises avec un téléphone sous une mauvaise lumière — parce que l’agence a juste demandé “envoyez-nous quelques photos” sans accompagner l’artisan dans cet exercice.

Les photos, c’est le premier contact visuel. Un visiteur qui voit de vraies photos — un vrai chantier, une vraie équipe, un vrai résultat — fait davantage confiance. Ce n’est pas une question d’esthétique, c’est une question de preuve. Un électricien qui montre ses vrais tableaux électriques rénovés est plus crédible qu’une photo de stock d’un homme en casque devant des câbles.

Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Si vous reconnaissez votre site dans cette liste, la question n’est pas de savoir si vous avez été mal servi — vous l’avez été. La vraie question, c’est : est-ce qu’on repart de zéro ou est-ce qu’on récupère ce qui peut l’être ?

Ça dépend de l’état du site. Parfois une refonte de site internet à Brest s’impose : le code est trop propriétaire, la structure trop bancale, les textes trop éloignés de la réalité pour qu’on puisse les réutiliser. Dans d’autres cas, une remise en forme profonde suffit.

Ce que je propose systématiquement avant de commencer quoi que ce soit : un audit honnête. Je regarde le site, je vous dis ce qui peut être sauvé, ce qui ne vaut pas la peine d’être conservé, et ce que ça représente en temps et en coût. Si vous repartez de zéro, je vous explique comment est conçu un site vitrine à Brest qui travaille vraiment pour vous — avec vos photos, vos textes, votre ancrage local.

Votre carnet de commandes mérite mieux qu’un site qui tourne dans le vide.